Préambule :
Vous avez sans doute en mémoire quelqu’un qui vous pose des questions sur votre voyage et au moment de dire, je dors chez l’habitant, cette réaction émerveillée avec ce “mais c’est génial !”.
En vrai, dormir chez l’habitant ce n’est sans doute pas ce que la majorité des gens peuvent imaginer. Beaucoup partent du principe que c’est la meilleure façon de s’immerger et d’avoir des contacts avec des locaux. En vérité, ça pourrait mais c’est souvent pas le cas. Pourquoi me direz vous ? Depuis mon premier voyage hors famille de 2007 en Thaïlande, j’ai beaucoup voyagé dans le monde et essayé tout type d’habitat; bien souvent, le home stay ou autre Airbnb sont surtout un business et peu de personnes font ça dans un but purement altruiste ce qui est probablement une des explications à ce manque d’échanges sociaux entre le propriétaire et le voyageur. Toute fois, durant mes voyages, j’ai eu aussi de merveilleuses rencontres mais la plupart du temps, en dehors de ce contexte.
C’est sans doute un peu différent pour le voyageur qui fait ce choix mais la principale raison de ce choix est souvent économique plus que la curiosité culturelle, il faut être honnête.
Ceci étant le préambule, je vous souhaite une bonne lecture pour cet article.
Les home stay sur Java :
Durant notre voyage, nous avons opté pour deux home stay sur l’île de Java près du volcan Ijen et un autre près du volcan Bromo.
Le premier est une ferme, le propriétaire ancien mineur de souffre a aménagé une partie de sa propriété en home stay. Il est perdu dans la montagne loin des villes. Nous sommes arrivés sur place en taxi après avoir pris un bateau depuis Bali entre les villes de Gilimanuk à Bali et Ketapang à Java. Sur place il pleut et la route pour atteindre notre habitat pour 3 nuits est difficilement praticable. Le taxi nous dépose donc et nous faisons le reste à pied. Sur place, il n’y a personne et nous nous réfugions sur une des terrasses de l’habitation à l’abri de la pluie. Je contact Ali, la personne qui gère le home stay et le fils du propriétaire des lieux pour prévenir de notre arrivée. Quelque minutes plus tard nous voyons le père de Ali arriver à notre rencontre avec un plateau et deux thés à la main. Il nous montre notre chambre pour les prochains jours. Il ne parle pas anglais et nous n’avons pas la possibilité d’échanger beaucoup avec lui. C’est une chambre rustique avec des murs en lames de bois tressées et un toilette/douche séparée de la chambre à coucher par une porte. Il y’a aussi un lavabo. La propreté est rudimentaire pour les toilettes, il y a des morceaux de papier toilettes usagés sur le sol mais la literie est propre. Nous avons aussi une lampe de chevet et un ventilateur qu’il faudra utiliser en alternance avec l’unique prise électrique de la chambre. Une fois installés dans la chambre, j’ouvre le robinet pour nettoyer le lavabo et les toilettes de la douche mais rien ne s’écoule. Je teste la douche mais le résultat est le même. Je sors pour voir si le propriétaire est là mais je ne le trouve pas tout de suite. Je finis par le trouver quelques minutes plus tard et nous dit de ne pas nous inquiéter et il remet l’eau. Durant le séjour l’eau a été coupée 3 fois. Il est probable que l’alimentation d’eau de la chambre était utilisée pour irriguer un champ ou autre chose. Pour information, il n’y avait pas d’eau chaude ce qui ne nous a pas empêché de nous doucher.



Le deuxième est un logement situé près du volcan Bromo aménagé en lien avec un café local. Nous arrivons en taxi après avoir pris le train entre Banyuwangi et Pasuruan. Un trajet en train qui fut d’ailleurs un régal pour les yeux. Sur place, une fois n’est pas coutume, il pleut. Le taxi nous dépose devant l’entrée et nous arrivons dans un café avec une immense terrasse aménagée. Il y’a beaucoup de jeunes locaux et de la musique. Nous étions attendu, deux jeunes nous accompagnent à notre chambre. Il n’y a que trois autres chambres dans cette home stay et elles sont occupées par des locaux. Arrivés devant notre chambre le personnel teste la lumière mais les lampes led ne s’allument pas. Nous sentons le personnel gêné et tout de suite, l’un d’eux part chercher une solution puis revient et finit par allumer une autre lumière. La chambre est propre et spacieuse. Nous avons la aussi un toilette/salle de bain avec une porte de séparation entre les deux pièces. Nous nous installons tranquillement puis nous allons manger au café se situant juste au dessus de notre chambre.



Les volcans :
Pour aller visiter Ijen, j’ai demandé à Ali de nous organiser un transport jusqu’au point de départ des randonnées. Le jour du départ je suis surpris que son père parte avec nous. Sur place, Ali que nous voyons pour la première fois, nous rejoint et nous propose de nous faire accompagner par son père. Nous n’avions pas vraiment l’intention de prendre un guide, mais bon, nous acceptons l’offre (650 000 rp par personne) même si il faut avouer que nous nous sommes sommes sentis fortement encouragés à le faire via leurs services. Nous nous lançons dans une ascension de 1h20 en marchant tranquillement avec 600m de dénivelé avec notre guide. La montée peut se faire via des porteurs dans une charrette. Les charrettes qui servaient à la base à porter le souffre transportent davantage les touristes que le souffre de nos jours. Comme vous pouvez l’imaginer, je suis 30 minutes devant, le guide ne pouvant pas me suivre. Une fois en haut, j’attends donc 30 minutes notre guide et Elo, et nous décidons de descendre dans le cratère pour 150 000 rp chacun pour être accompagné par un mineur (normalement c’est 100 000 rp/ personne).
Au centre du cratère se trouve le lac le plus acide du monde (PH<0,5) ainsi qu’une mine à ciel ouvert de souffre. La descente se fait avec un masque FFP3 car les vapeurs de soufre sont toxiques. Les mineurs eux sont sans protection. L’espérance de vie d’un mineur est en moyenne de 45 ans. Nous sentons l’odeur du souffre malgré nos masques et la fumée nous pique les yeux. Le paysage est aussi magnifique que dangereux. Nous remontons ensuite marcher sur les haut du cratère puis nous redescendons pour retourner à notre logement.



Pour la visite du volcan Bromo, nous avons organisé le trajet avec notre hébergement pour voir dans un premier temps le lever de soleil depuis un point de vue sur le volcan puis dans un deuxième temps faire l’ascension du volcan depuis son pied (550 000 rp pour le trajet + 220 000 rp par personne pour l’entrée du parc). Nous nous levons donc à 2h du matin pour un départ à 2h30 en Jeep. Arrivé à King Kong hill, c’est le nom du point de vue, à 3h30, nous devons attendre jusqu’à 5h40 dans le froid pour le lever de soleil. Heureusement nous sommes habillés assez chaudement et il y a des échoppes pour prendre une café, un thé chaud ou encore une soupe de nouilles histoire de patienter. Il y’a beaucoup de touristes mais encore plus d’indonésiens qui viennent voir ce spectacle. Les Jeep sont à la file indienne sur la route. Après un petit thé et des bananes frites nous cherchons un point de vue pour nous installer et après une longue attente assis dans le froid nous sommes récompensés par un magnifique lever de soleil sur le volcan. Je fais quelques clichés avec mon appareil photo reflex puis nous retournons vers notre chauffeur qui nous a demandé de revenir pour 6h au plus tard. Nous retrouvons le taxi mais pas le chauffeur. Après quelques minutes d’attente le chauffeur nous rejoint et nous nous rendons au début de la randonnée. Sur la route c’est les bouchons, je suis surpris pas l’affluence vers ce volcan. Arrivé au pied du volcan, le chauffeur nous demande si nous voulons faire la marche à pied ou à cheval. Nous choisissons la marche, bien entendu, malgré que l’expérience de la randonnée à cheval doit être intéressante. L’ascension est courte, seulement 30 minutes et 100 mètres de dénivelé. La montée sera plus longue à cause des bouchons sur l’unique escalier à deux voix desservant le sommet. Nous avançons pas à pas jusqu’au sommet en croisant les personnes qui en descendent sur la deuxième voix. Une fois en haut, nous sommes récompensés par le vue sur le cratère qui rejette sous forme de fumée de la vapeur d’eau et de souffre avec un bruit puissant. Nous avons marché sur le pourtour du cratère puis nous finissons par rejoindre notre chauffeur pour retourner vers notre logement.



Conclusion :
Nous avons pu découvrir des endroits magnifiques et les locaux, même si certains sont clairement intéressés et nous associent à l’argent, ils sont toujours souriants et accueillants.
Nous avons aussi remarqué que la marche est une activité peu développée dans ce pays. Il est possible que comme dans d’autres pays comme la Birmanie, il soit mal vue socialement de marcher (une activité réservée au plus pauvre). Nous avons constaté durant nos différents treks que beaucoup de gens (même des guides professionnels) ont des difficultés à marcher au niveau physique (essoufflement, pauses régulières). Ces problèmes, probablement liés à la sédentarité et au tabagisme touchent aussi bien les jeunes que les personnes plus âgées. Mêmes problèmes constatés chez les mineurs à Ijen mais liée cette fois aux conditions de travail dans les fumées toxiques.
Il faut garder à l’esprit que dormir chez l’habitant n’est pas toujours la meilleure option économique, sociale et pour rester libre et autonome durant votre voyage (si vous aimez comme nous voyager en favorisant votre autonomie pour les déplacements et les visites). Pour l’Indonésie, le meilleur choix, selon moi, pour être autonome dans votre voyage est de maîtriser la conduite à deux roues et de louer un véhicule pour l’ensemble de votre voyage.
PS : les home stay se trouvant à proximité de la nature, il est bien entendu qu’il y avait des insectes de toutes sortes en dehors et à l’intérieur des chambres (moustiques, scolopendres, araignées, mouches, blattes, chenilles). J’oubliais, il y’a 100% d’humidité et tout ce qui n’est pas dans un sac étanche est humide. 😅
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Gros progrès en français……..très bien.
Merci. 😅😅😅
Merci pour ton récit. À combien est la roupie?
1 chf = 17 040 rp
1 € = 16 620 rp